J’ai vu L’esprit à l’oeuvre

Duc de Laval

  Au début du mois d’août, Jacqueline me téléphone de Montréal, elle a trouvé une compagnie qui vend des maisons.  Elle me demande d’aller avec elle pour le choix de la maison et la signature du contrat.  Nous y allons le 17 août 1976.  Arrivées sur place, nous voyons une maison qui nous plaît, mais ils nous disent qu’elle n’est pas à vendre.  Nous avons envisagé l’achat de deux maisons mobiles et la possibilité d’en acheter une autre au besoin pour avoir un plus grand nombre de chambres.  
Nous signons le contrat pour deux maisons que nous choisissons, elles devraient être livrées en novembre.  Nous n’obtenons pas le permis pour les installer sur le terrain des franciscains, car la loi exige d’installer ces maisons dans un parc à maisons mobiles.  Nous avons un rendez-vous avec Maître Simon Valois et son frère Richard Valois qui est sentencieux à Québec au 30e étage du gros édifice G.  Ils nous apprennent qu’il est impossible d’avoir le permis demandé à cause de la proximité de l’aéroport de Mirabel.  Nous annulons notre commande.
 Le 12 octobre, en l’absence du Père Sylvère Leblanc, provincial actuellement en Europe nous rencontrons le père Henri Éthier son assistant, dans le but de faire une nouvelle demande à la province Franciscaine.  Le permis des maisons mobiles ayant été refusé, il faut envisager une maison préfabriquée, également mobile si possible, mais tout de même plus stable, ce qui change un peu les ententes entre nous.   Les Frères se montrent très réceptifs.  En retournant à Montréal, il nous amène chez Duc de Laval.
Le 18 octobre, le père Henri Éthier nous téléphone qu’il a consulté les définiteurs : il a tout remis entre les mains de monsieur Jean Luc Lussier, syndic apostolique des franciscains.  Le 19 octobre, le Père Laurent Gallant me conduit pour demander le permis de construction à l’hôtel de ville de St-Philippe, Canton de Chatham et ensuite prendre le permis pour la fosse septique sur la rue Princesse.  Jacqueline et moi rencontrons Gilles Bourdeau pour faire une lecture des événements et voir clair en tout cela.  Dieu nous mène autrement que nous avions prévu, il faut lui faire confiance.  
Le 5 novembre 1976, Jacqueline me téléphone à Salaberry-de-Valleyfield que nous venons d’obtenir notre permis.  Henri Bergeron ira avec elle à Fabreville pour donner le contrat pour la maison.  Contrat que nous irons signer dès que je pourrai, ayant encore du travail pour une dizaine de jours au Monastère.  Le 12 novembre nous prenons la décision de hausser la cave de 8 pi au lieu de 6 pi.  La raison est la suivante, la compagnie paie le chauffage ce qui suppose une fournaise dans la cave et elle accepte également de construire une allonge à la maison pour la valeur de trois chambres.
Mardi 16 novembre, Marcel Gareau m’amène de Salaberry-de-Valleyfield à Lachute, il s’offre à nous conduire à Laval pour signer le contrat, il sera le témoin.  Nous acceptons avec joie.  Le 20 novembre, M. Desmarais de Duc de Laval nous téléphone pour dire qu’ils ne peuvent accepter le contrat tel que signé, car la compagnie refuse la construction sur place et le directeur n’accepte pas le contrat.  Je dis ma surprise.  A ce moment-là, le notaire Valois vient nous dire bonjour avant de partir en grand voyage pour une semaine.  Il remarque que le contrat n’est pas daté et en effet le directeur n’a pas signé : ce n’est guère rassurant.  La maison devait être livrée le 27 novembre.
 Mardi 23 novembre, nous recevons un téléphone de M. Stanley., il nous fait la même demande que M. Desmarais, et nous invite chez Duc de Laval.  Nous refusons : eux veulent briser le contrat, c’est à eux de venir à Lachute.  Il nous demande de payer l’allonge essentielle à la maison.  Il nous demande aussi un compromis en payant le chauffage.  C’est à lui de venir à Lachute, il faut réfléchir, on ne brise pas comme cela un contrat signé que nous croyions en bonne et due forme.
Le 29 novembre, M. Desmarais téléphone.  Je suis absente, occupée à couvrir de plastique les fondations pour les protéger de la neige.  Un peu plus tard M. Stanley téléphone, disant que la grève des employés retardera beaucoup l’allonge demandée, décidément, ils sont nerveux.  Je leur dis y penser encore une journée, entre temps Jacqueline a consulté sa communauté et moi la mienne.  Elles ne souhaitent pas que nous ayons un procès avec eux, même pour le gagner.  Nos deux communautés nous conseillent de payer le chauffage, ce qui nous rendra libres d’utiliser l’électricité.  
Le 30 novembre, nous recevons un nouveau téléphone de M. Stanley. Nous l’invitons à nous rencontrer au bureau du notaire Valois qui a accepté que nous signions un contrat additionnel devant lui (nous perdons quand même 2 000 $).  Nous consultons un avocat de la cour juridique, il nous conseille de donner 750 $ plutôt que 3 000 $ et payer nous-mêmes le chauffage.  Finalement après plusieurs dialogues, monsieur Stanley, président de la compagnie, accepte nos conditions.  Le 10 décembre, il viendra présenter un autre contrat chez le notaire Valois.  Ce jour même le camionneur vient pour voir à l’installation de la maison.  Il nous faut soulever le terrain face à la maison pour permettre au camion de la placer sur ses fondations.  Après ce travail, notre maison est enfin installée, le balcon posé et nous voilà chez-nous.
Nous avons compris la cause de toutes nos difficultés en voyant une affiche à la Caisse Populaire, avertissant la population d’être prudent si nous faisons affaire avec cette compagnie.  Elle a changé de nom récemment en passant de Marquis de Laval à Duc de Laval.  Nous avons eu beaucoup de difficulté avec les vendeurs, mais l’avantage que nous en retirons est de pouvoir installer le chauffage électrique et envisager la perspective de pouvoir meubler le sous-sol.  Il n’est pas vraiment un sous-sol, car nous ne pouvions creuser suffisamment étant située sur le roc.  Il a suffi de rehausser le terrassement en avant de la Maison, nécessaire pour installer notre maison.

Repos, recueillement et recherche de Dieu